Réintroduction temporaire de néonicotinoïdes pour les betteraves : ne pas opposer économie et écologie

Mardi 6 octobre, l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi permettant une dérogation temporaire et cadrée de néonicotinoïdes pour la filière française betteravière.

Il s’agit d’une décision difficile pour tous les députés. Il s’agit de revenir sur un acquis environnemental obtenu en 2016 : l’interdiction d’utilisation des néonicotinoïdes.

Cette interdiction est survenue alors que nous n’avions pas de solutions alternatives aux traitements contenant des néonicotinoïdes. Les solutions qui ont pu être utilisées au cours de l’hiver 2019-2020, se sont révélées inefficaces, entraînant une propagation du virus de la jaunisse dans l’ensemble des régions productrices.

Il ne s’agit pas d’une réautorisation pure et simple des néonicotinoïdes. Ce projet de loi ne concerne que 10% des usages qui peuvent être fait en enrobage de semence des betteraves sucrières. Les 90% des autres usages des néonicotinoïdes restent interdits.

Cet usage des néonicotinoïdes sera strictement encadré et pour une durée limitée et maximale de 3 ans

Ce temps dérogatoire, ne concernera que la filière betterave sucrière, ce qui correspond à 30 départements en France et 1,6% des champs exploités. Ce n’est donc pas, comme on peut l’entendre, la réautorisation de cette substance active sur les grandes régions apicoles de France.

Cette dérogation est permise par le règlement de l’Union européenne. A ce jour, 11 pays betteraviers sur 14 l’ont utilisé pour aider leur filière en difficulté. 

Une décision exceptionnelle face à une situation exceptionnelle : sauver une filière d’excellence

Cette décision exceptionnelle, est une réponse pragmatique à la situation catastrophique dans laquelle se trouve la filière betteravière française depuis de nombreux mois, celle-ci doit faire face à la prolifération du virus de la jaunisse et qui se retrouve dans une impasse technique. Les planteurs n’ont pas réussi à endiguer le virus avec les produits disponibles. 

Cette filière, qui emploie plus de 46 000 personnes, est amenée à disparaitre si nous n’agissons pas rapidement. Faute de solutions, les planteurs de betteraves seront amenés à planter autre chose, ce qui provoquera la fin d’un secteur indispensable à la France.

A chaque fois qu’une sucrerie ferme en France, des centaines d’emplois sont impactés, des territoires touchés.

Des moyens conséquents pour trouver rapidement des solutions alternatives aux néonicotinoïdes 

Cette dérogation implique la responsabilité de la filière betterave sucrière : c’est pourquoi elle s’est engagée à ne pas planter de plantes mellifères dans les 2 ans qui suivent la plantation des betteraves afin d’éviter les risques de contamination des pollinisateurs par les néonicotinoïdes.

Le projet de loi instaure un conseil de surveillance, qui a pour mission le suivi et le contrôle de la recherche et de la mise en œuvre d’alternatives aux produits phytopharmaceutiques comportant des néonicotinoïdes.

Ce conseil de surveillance dans lequel siègent des parlementaires, le délégué interministériel pour la filière sucre, le CESE, des associations de protection de l’environnement, des syndicats agricoles, les filières de production et de transformation concernées, l’Institut technique de la betterave et des établissements publics de recherche. 

Ce conseil se composera désormais également, à la demande des députés :

-d’un membre de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques 

-d’un représentant de l’Institut technique et scientifique de l’apiculture et de la pollinisation

Afin d’accélérer la recherche de solutions alternatives aux néonicotinoïdes, le Gouvernement va contribuer à hauteur de 7 millions d’euros sur 3 ans. C’est un engagement fort, nécessaire, et à la hauteur de l’urgence de la situation. 

https://www.la-croix.com/Economie/Alternatives-neonicotinoides-Julien-Denormandie-promet-effort-recherche-sans-precedent-2020-09-22-1201115434

La position de la Députée

Ce sont 2 mauvais choix qui se présentent à nous, il nous faut choisir le moins mauvais des deux, et sauver une filière si indispensable à la France. Des milliers d’emplois sont en jeu.

Lorsque nous délibérons sur l’interdiction d’une substance active dans la loi, nous devons toujours avoir des délais nécessaires pour avoir des alternatives sérieuses.

C’est le mot d’ordre que nous tenons depuis le début de la mandature avec le Groupe MoDem : pas d’interdiction sans solutions.

Or, l’interdiction des néonicotinoïdes a été décidée en 2016 alors qu’il n’y avait aucune solution viable.Cette décision a poussé les agriculteurs à utiliser d’autres produits, bien plus toxiques, et non efficaces. Si certaines interdictions sont importantes pour accompagner rapidement la transition écologique de notre secteur agricole, nous ne devons pas poser d’interdiction sans proposer de solutions sérieuses.

En tant que membre de la Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire, cette décision est difficile au regard de mon attachement particulier pour la préservation de la biodiversité.

C’est pourquoi je suis particulièrement consciente que cette dérogation exceptionnelle doit en contrepartie permettre de trouver rapidement et durablement des solutions sérieuses afin de se passer au plus vite des néonicotinoïdes. 

Nous devons encourager et accélérer la transition de la filière betteravière. L’objectif reste la transition agroécologique de la filière, mais pour avoir une transition, il faut une filière. Nous devons accompagner la filière et non effectuer une transition à ses dépens. La transition nécessite des efforts, et elle s’effectue sur un temps long.

A cet égard, j’ai interrogé le ministre en séance publique, par un amendement d’appel, sur la nécessité de s’intéresser au plus près à la transition vers le bio de la filière betterave.

Cette dérogation n’est pas un renoncement. Encore une fois, il ne s’agit pas d’opposer économie à écologie, c’est une question de souveraineté, de survie d’une filière française d’excellence. Il s’agit de donner le temps, avec les moyens nécessaires engagés par le Gouvernement, pour trouver le plus rapidement possible, des solutions alternatives aux néonicotinoïdes.

Nous avons 3 ans pour trouver ces solutions, 3 ans pour accompagner la filière vers une transition durable et plus respectueuse de la biodiversité. Une transition, cela se fait avec une filière, et non en la détruisant.

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Servir la France en aidant le Liban

Invitée par Le Conseil des Libanais de France (COLIF) à intervenir sur le sujet “Servir la France en aidant le Liban”, j’ai retrouvé des collègues parlementaires : Amal Amélia Lakrafi, Florence Provendier, députées, et Christine Lavarde, sénatrice et des élus franco-libanais de la région parisienne. Merci à Jérôme Hajjar, pour cette initiative !

Ci-dessous le texte de ma prise de parole :

“Je commence cette intervention en citant la solidarité financière et matérielle (accueil des étudiants, des familles, envoi d’argent ) que les franco-libanais vivant en France réalisent envers leurs familles et amis vivant au Liban. C’est un effort qui n’est pas visible mais qui est important pour beaucoup d’entre nous parce qu‘il faut bien répondre aux urgences que l’Etat libanais n’est pas capable d’assurer. Les Libanais de l’étranger ont toujours envoyé des sommes importantes au Liban et la crise a encore augmenté ce transfert. Il est essentiel de le souligner.

Servir la France en aidant le Liban, c’est d’abord en nous engageant comme Franco-Libanais au service de la France, par nos professions et nos engagements divers, associatifs ou politiques : tous les émigrés ne s’engagent pas autant. Les Libanais ne forment pas des communautés fermées, partout où ils sont. Cela permet de donner une image positive des Libanais aux Français qui nous côtoient, mais aussi de renvoyer cette image aux Libanais de l’intérieur, afin qu’ils continuent d’être fiers de ce qu’ils sont.

Mais nous avons le devoir de nous engager de manière exemplaire : les arabes à l’étranger n’ont pas le droit à l’écart de conduite, sinon ils ternissent l’image de leurs compatriotes et ne rendent pas au pays qui les accueille la reconnaissance qu’ils lui doivent.

Les rencontres des libanais de l’étranger LDE ont permis de montrer les talents des libanais à travers le monde dans tous les domaines. Nos engagements peuvent avoir une partie orientée vers le Liban : si je suis entrepreneur, comment orienter une partie de mes activités vers le Liban ? Si je suis militant associatif, comment faire des ponts avec les associations libanaises ? Si je suis élu politique, comment entretenir des relations avec les autres responsable politiques au Liban ? Comment sensibiliser aux problèmes des Libanais en France ? Comment aider la France à prendre sa place dans cette partie du monde ?

Servir la France en aidant le Liban, c’est également défendre notre double culture, défendre l’intégrité, quelles que soient les circonstances, mais aussi le sens de l’accueil qui est en nous. Approfondir l’apport mutuel entre les cultures de la France et du Liban nous invite à assumer en même temps : 1) notre appartenance à la culture française marquée par l’exigence d’intégrité, le sens du collectif et du bien commun, et non pas communautaire, et une vision à long terme, et 2) assumer à 100% notre libanité porteuse du sens de l’hospitalité malgré ses risques, de l’audace ( mais qu’en faisons-nous ? Chatter qui va vers la corruption au lieu de servir des causes plus nobles) et de la tolérance qui nous amène à toujours tenter de sauver les relations des risques de rupture que provoquent parfois des convictions opposées, tout en cherchant des bases durables d’un réel vivre ensemble.

Personnellement, en tant que parlementaire : je suis vice-présidente du Groupe d’amitié France-Liban, je participe et propose des idées d’actions, même si je ne suis pas en première ligne. J’ai accueilli, en 2018, avec les autres membres de mon groupe d’amitié, des parlementaires libanais de tous bords pour parler du développement durable dans nos deux pays.

Je réponds autant que possible aux sollicitations télévisées et de la presse. Je prends la parole dans l’hémicycle pour exprimer la souffrance et les attentes des Libanais : cette souffrance et ces attentes, nous les connaissons mieux que les Franco-français et nous devons les relayer autour de nous. Les Français ont découvert la corruption qui sévit au Liban et c’est important que nous alertions contre une généralisation abusive en en lumière tous les efforts de nos concitoyens libanais pour survivre dans un contexte difficile. Cette mise en lumière peut aider à relativiser ce que nous vivons ici, dans la crise que nous traversons.

Lors de ces interventions médiatiques, et suite aux recherches auxquelles j’ai participé en sciences sociales, j’ai relancé la proposition d’un parlement libanais bicaméral (deux Chambres au Parlement) ce qui permettrait de préserver plus de démocratie, tout en préservant la représentation des diversités.Je prends aussi la parole dans l’hémicycle ou en questions écrites pour interpeller le gouvernement. L’interpeller sur sa politique étrangère de ces dernières années. En effet, avec d’autres pays donateurs, la France a alimenté la corruption des dirigeants libanais, sans trop s’inquiéter d’avoir des contreparties suffisantes en termes de réalisations concrètes. Je suis donc solidaire de la volonté de notre président Emmanuel Macron de réclamer, via CEDRE ( la conférence des donateurs ), que les garanties soient apportées quant à l’utilisation d’aides à venir. Ces garanties sont celles qui concernent la destination des fonds pour améliorer les services publics et les infrastructures.

J’interpelle également le gouvernement français sur l’importance majeure que la France reprenne sa place au Moyen-Orient, et surtout, entraîne l’Europe à exercer une réelle influence dans la région. Pourquoi ? L’Europe est le seul continent aujourd’hui porteur d’une tradition de paix. Nous voyons bien que l’Iran, la Turquie et les Etats-Unis veulent se positionner comme leaders au Moyen-Orient, mais pour quel projet ?

Nous savons combien la Méditerranée est le lieu d’ambitions diverses. Il faut, par la place que prend la France au Liban, gagner en crédibilité pour être parmi les acteurs majeurs de cette région, où se joue peut-être même l’avenir de l’Europe. Si la Grèce et Chypre sont entraînées dans un conflit armé par suite des tensions récentes autour des gisements gaziers, c’est toute l’Europe qui le sera.

Pour conclure, servir la France en aidant le Liban est notre tâche quotidienne, elle est double et grave dans un sens comme dans l’autre. La France s’est engagée au Liban ces jours-ci comme jamais, et a pris des risques. Nous, Franco-Libanais, sommes des médiateurs dans cette relation. Nous avons la charge de soutenir les efforts de notre pays d’adoption, et la responsabilité de les relayer auprès de nos familles et de nos amis, pour préserver la confiance des Libanais dans la France. Notre voix doit aussi porter l’exigence de la France pour plus de transparence et de démocratie au Liban.

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Reprise de la dette des établissements de santé (Vierzon)

🏨 Nous sommes quelques-uns parmi les députés à avoir demandé la reprise de dettes des établissements de santé (dont Vierzon).

Heureuse de voir que cela se concrétise afin de permettre une amélioration des conditions d’accueil et de travail au sein de ces établissements.

🔴📈 Olivier Véran a installé le 23 septembre le comité de suivi du Ségur de la Santé et annonce la concrétisation des premiers engagements :

➡ Revalorisation des personnels non médicaux dès septembre 2020 ;

➡ Revalorisation des personnels médicaux dès septembre 2020 ;

➡ Revalorisation des étudiants dès septembre 2020 et internes en santé dès novembre 2020 ;

➡ Anticipation de la gestion déconcentrée des investissements avec un projet pilote auprès de l’agence régionale de santé Bretagne ;

➡ Préparation du projet de loi de financement de la sécurité sociale 2021 comprenant la reprise de dettes des établissements de santé, la généralisation des hôtels hospitaliers ou encore les expérimentations sur le financement des activités de médecine ;

➡ Protocoles de coopération locaux permettant aux équipes de professionnels d’un établissement de mener des expérimentations suivant les dynamiques locales ;

➡Le développement de l’exercice coordonné (CPTS, MSP) et de la télé-santé dans tous les territoires pour améliorer l’accès aux soins via les négociations conventionnelles en cours.

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