Actualités été 2021

Actualité estivale : Haïti, Liban, Chypre, Afghanistan, et nous !

Nous sommes en période de vacances parlementaires et j’essaie de faire un peu le vide à cette période, même s’il me faut deux-trois jours pour y arriver, en lâchant téléphone et ordinateur. Je tente de reposer mon corps et ma tête. Je parle très peu de politique, pour regarder les personnes et mon environnement d’une façon plus gratuite, plus réceptive, sans le filtre de l’actualité, de ma fonction de députée, et maintenant aussi de conseillère régionale. J’ai réussi à le faire pendant une semaine, en partant au bord de la mer, mais l’actualité m’a vite rattrapée à mon retour à Vierzon, et elle est chargée.

Il y a Haïti, ce petit pays meurtri par l’instabilité politique, la pauvreté, la pandémie et le déchaînement de la nature. Trop en même temps, ce pays se demande s’il n’est pas maudit…mais il n’est pas le seul ! Un rayon de soleil dans ce paysage de désolation : de beaux témoignages comme celui de Naomi Osaka, la joueuse de tennis japonaise qui offre aux Haïtiens ses gains du tournoi de Cincinnati. Et l’aide internationale qui s’organise, encore faut-il qu’elle soit bien utilisée !

Le Liban est un autre « enfer », un de ces pays où il faisait bon vivre mais qui n’est plus aujourd’hui qu’un repoussoir pour ses habitants qui ne peuvent plus manger, se déplacer, travailler, se soigner et être en sécurité, et qui ne cherchent plus qu’une chose : sauver leur peau, fuir à l’étranger. La situation semble chaque jour être au plus bas mais elle empire encore le lendemain. Alors que je lui demandais, il ya plusieurs mois, comment il voyait l’avenir du Liban, un haut responsable politique m’a répondu : ce pays va toucher le fond et ça va être terrible… Ce n’était déjà pas glorieux avant, mais en septembre dernier, après l’explosion au Port de Beyrouth, on aurait pu espérer une sorte d’électrochoc et le surgissement d’un accord, d’une volonté collective, pour remettre le pays sur pied, alors que les pays amis tendait la main en échange d’un gouvernement fiable. Au contraire, la situation a empiré et les Libanais continuent de se plaindre de ce que leurs dirigeants se déchirent pour se partager les meilleures parts du gâteau. Pour autant, le risque existe de perpétuer la même classe politique, lors des élections législatives de 2022. Les listes de la société civile feront-elles le poids cette fois-ci ? La population leur accordera-t-elle son crédit ? Par ailleurs, la question des réfugiés syriens reste entière, un poids trop lourd pour ce petit pays qui a déjà tant donné. Comment aider ceux qui peuvent rentrer à prendre le chemin du retour ? 🇨🇾 Je pourrais vous parler aussi de Chypre, dont le sud de l’ile, la partie grecque, souffre de ne plus avoir les ressources du tourisme dont elle vit principalement, et croule sous le poids des réfugiés. Cette île, au coeur d’un conflit majeur avec la Turquie, risque également de connaître des lendemains difficiles.

Il y a la situation en Afghanistan, avec la (re)prise du pouvoir par les Talibans. Le monde semble surpris alors qu’il ne s’agit que de l’application de l’accord de Doha en 2020 entre les Américains et les Talibans, le président Trump étant pressé de ramener ses Boys à la maison. Les Afghans, mais surtout les Afghanes craignent un retour à la loi islamique et aux exactions de toutes sortes. Les promesses de respect des droits de l’homme faites par les Talibans seront-elles tenues ? Les échos semblent démontrer qu’elles sont déjà bafouées sur le terrain.

En France, les manifestants contre le gouvernement au sujet du pass sanitaire n’ont peut-être pas idée de ce qu’est un pays totalitaire. Ils pourraient le demander aux Afghans, qui ont vécu la terreur des régimes iniques. Parfois, en voyant certaines dérives dans les réseaux sociaux ou lors des manifestations, je me demande s’il n’est pas là le danger pour la démocratie. Les arguments au sujet de l’enrichissement de Big Pharma, ou de la liberté enchainée, ou encore du manque d’expérience concernant les vaccins sont continuellement démontés mais le soupçon demeure. Ces mêmes personnes ont-elles conscience que le vaccin a déjà sauvé de nombreuses vies, qu’il nous coûte beaucoup moins cher que les hospitalisations et les effets du Covid long, et qu’il nous a permis de sortir du confinement et de faire redémarrer la vie sociale et l’économie de nos pays ? Pourquoi en France, y a-t-il autant de violence envers les dirigeants ? – Sommes-nous gouvernés avec plus d’autoritarisme qu’ailleurs ? Non. Le pass sanitaire s’impose dans plusieurs pays. – Avons-nous été moins soutenus par notre gouvernement durant la crise sanitaire ? Non, c’est même le contraire, nous sommes le pays qui a donné le plus d’aides. Alors pourquoi ce désamour ? Et dire qu’à l’étranger, on nous envie notre Président !Bref, le repos aura été de courte durée.

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