TV Arabia – la situation en Afghanistan

Je suis intervenue hier soir, jeudi 2 septembre, pour échanger sur les récents développements concernant la situation afghane.

Le rôle de la France dans l’évacuation et l’accueil des réfugiés :

J’ai notamment pu échanger sur le rôle de la France dans l’évacuation et l’accueil des réfugiés souhaitant quitter Kaboul. En effet, depuis le 15 août, face à l’urgence, la France mène depuis Kaboul, en lien étroit avec ses partenaires, notamment américains, des opérations d’évacuation de nos compatriotes, de citoyens de pays partenaires et, en immense majorité, d’Afghanes et d’Afghans menacés à raison de leurs liens avec notre pays ou de leurs engagements pour les valeurs que nous avons en partage.

Le désengagement rapide des forces américaines en charge de la sécurité de l’aéroport de Kaboul étant confirmé à court terme et les conditions de sécurité n’étant plus remplies sur l’aéroport, nos opérations d’évacuation ont pris fin le vendredi 27 août.

En moins de deux semaines, les militaires français ont mis en sécurité 2 834 personnes, dont 142 Français et 2 630 Afghans. L’armée française a opéré un double pont aérien : 26 vols entre Kaboul et Abou Dabi, 16 vols entre Abou Dabi et Paris.

Pour autant, La France poursuit ses efforts et des consultations intensives sont en cours avec nos partenaires, européens, américains et de la région, pour ouvrir d’autres moyens d’évacuation.

Notre détermination à mettre en sécurité les Afghans menacés et en besoin de protection reste intacte.

Assurer la sécurité des personnes qui souhaitent quitter l’Afghanistan :

J’ai également pu évoquer le travail des Nations Unies, avec la volonté d’aboutir à ce que l’on peut nommer, une « Safe Zone » pour des départs sûr.

Il s’agit d’une résolution du Conseil de Sécurité qui exige que la plateforme aéroportuaire soit sécurisée, et que l’accès à cette plateforme soit assuré par les Talibans. Des discussions sont en cours avec les Quatari et les Turcs pour sécuriser cette plateforme. 

La structuration de l’État afghan

La question de la construction de l’Etat est sur la table.

Quelles institutions vont-ils mettre en place ? Vont-ils maintenir une séparation des pouvoirs ? 

Si nous avons encore que trop peu d’éléments sur la structuration des organes étatiques, les talibans ont indiqué vouloir former un gouvernement inclusif, avec des figures de l’opposition, cela reste à suivre.

Les talibans doivent poser des actes, de rupture avec le terrorisme, d’accueil de convoi humanitaire, de respect des droits humains et en particulier des femmes, et de permettre à ceux qui le souhaitent de partir du territoire.

Ces actes doivent être pris, pour être reconnu par la communauté internationale, pour qu’un dialogue politique s’installe.

Ils doivent aussi montrer qu’ils tiennent le pays, et lutte contre Daesh. Il faudra être vigilant sur ce point, Daesh ou d’autres groupes terroristes pourraient profiter de la situation actuelle pour s’installer.

La France, mais de manière plus générale, la communauté internationale, sera exigeante, et veillera à la réalisation de ces actes et au bon traitement de la population.

Sur le retrait des troupes américaines du sol afghan :

Avec 24 d’avance, les Etats-Unis ont quitté le sol afghan, est-ce une défaite américaine ?

C’est un coup dur, l’effondrement de l’Etat Afghan, de l’armée afghane, la rapidité avec laquelle les USA ont dû quitter ce pays, le drame dans lequel ça s’est passé, fait, force est de constater, preuve d’un coup dur pour l’Occident, pour les Etats-Unis.

Mais il ne faut pas oublier, que le retrait des troupes américaines étaient prévus, l’administration Trump l’avait acte, et Le Président Biden avait prolongé la volonté de retrait des troupes américaines. Il y a eu un problème d’anticipation, de manière opérationnelle, c’est un fait.

La France peut-elle engager un dialogue politique avec les talibans ?

Si la question est légitime, la France sera préalablement attentive à ce que les actes demandés par le Conseil de Sécurité de l’ONU soient pris par les autorités afghanes, avant d’envisager tout dialogue politique.

Faut-il aider les pays qui accueillent les réfugiés afghans ?

– Il faut aider et seconder les efforts des pays d’accueil des réfugiés afghans, c’est une évidence. Ce sont principalement les pays limitrophes qui sont concernés, il nous faut leur venir en aide.

Comment la France peut-elle faire + dans l’accueil des réfugiés afghans ?

 La France poursuit ses efforts et des consultations intensives sont en cours avec nos partenaires, européens, américains et de la région, pour sécuriser une plateforme d’évacuation.

Notre détermination à mettre en sécurité les Afghans menacés et en besoin de protection reste intacte.

-Dans chaque région, les préfets vont engager un travail avec les élus qui ont fait acte de solidarité et proposé d’accueillir des évacués afghans sur leur territoire. Il s’agit de définir les modalités des partenariats de moyen et de long terme qui permettront, grâce à l’engagement de l’État et des collectivités volontaires, de garantir l’intégration des personnes, tant sur le plan du logement, de la formation que de l’emploi.

ARTICLES LIES
Servir la France en aidant le Liban
Visite du ministre Le Drian au Liban